vendredi 3 juin 2011

Silence on bourre...

silence on bourre Je reviens sur la série As de trèfle, déjà chroniquée par deux érudits blogeurs (voir les liens en bas de pages). Ils avaient respectivement abordé le premier et troisième numéro de cette collection. Nous retrouvons ici la torride Pussycat dans sa seconde aventure au titre évocateur de « Silence on bourre ». À défaut de poésie et le récit n’est pas dénué d’un érotisme torride. 
Pussycat est une sorte de Diabolik en tenue BDSM, toujours à la recherche d’un bon coup à faire. Il s’agit cette fois-ci de voler certains bijoux de la couronne d’Angleterre pendant le tournage d’un film. Une affaire d’autant plus excitante, que c’est son éternelle rivale, l’inspectrice Mirka, qui garde les joyaux. L’excitation étant à son comble, tout commence donc par une bonne scène de baise avec Malthus son assistant.


silence on bourre

silence on bourre Dès lors Pussycat se rend sur le lieu du tournage et terrorise l’équipe de cinéma en se faisant passer pour le fantôme de Marie Stuart. Une diversion peu utile si ce n’est pour compliquer l’histoire.
silence on bourre Très rapidement cela vire au vaudeville, avec des histoires de coucheries et de mari trompé et qui sert à justifier le quota de scène de cul indispensable pour ce type de BD.

la bibliothèque oubliée À partir de là, ça devient encore plus confus avec l'arrivé d'un trio de braqueur qui cherche justement refuge dans le château après un casse fructueux. Hé oui après le cul, il faut bien quelques scènes violentes, c'est du fumetti après tout.

silence on bourre
Quelques morts et rebondissements absurdes plus tard, notre héroïne va triompher en faisant d'une pierre deux coups, en emportant l'argent et les bijoux.
silence on bourreFinalement c'est une affaire plus que rentable pour notre diabolique nympho. On se quitte sur une bonne blague comme de bien entendu.

silence on bourre
Au final, nous avons un récit de bonne facture et qui surprend par sa représentation assez crue des scènes de sexe. Il n'y a pas de dépôt légal mais l'on peut sans trop se tromper, dater ça vers la fin des années 70. Une époque où même chez Elvifrance, les scènes étaient souvent moins explicites. Il est marrant de noter que si les sexes d'homme sont noircis voire effacés, il n'y a pas la même censure concernant les femmes, dont on voit allègrement les sexes en gros plan.
Il y a un autre détail qui a attiré mon attention, la couverture de ce numéro ne correspond pas au récit intérieur, mais semble provenir de la même série. C’est donc qu’il y a eu au moins en Italie une collection plus longue. Ce que confirme effectivement l’Encyclopédie des petits formats adultes. On y apprend que Pussycat a eu plus d’une centaine de numéros entre 1975 et 1984. Du coup je me demande à quoi correspondent les épisodes publiés en France par rapport à la série d’origine. Toujours dans l'Encyclo des PFA, nous apprenons que les scénarios sont de Pigi, qui a aussi été le principal scénariste pour la série Terrificolor. Le dessin est crédité à Eugenio Forte et Manolo Truscia pour le studio Origa.
Si l’on a vite tendance à assimiler Pussycat à une sorte de Diabolik au féminin, c’est oublier qu’elle n’est jamais qu’un plagiat de Sada, adversaire de Goldboy (ou Goldrake c’est selon) apparue vers le n°15 de la collection chez Elvifrance. En regardant les couvertures suivantes, hormis le masque, la différence entre les deux héroïnes est plus que légère. Goldrake ayant commencé en 1966, soit 9 ans avant Pussycat, la ressemblance est donc loin d’être fortuite. Sada dont le nom évoque sans aucun doute une parenté avec l’illustre écrivain est quand même beaucoup plus perverse que Pussycat et exclusivement lesbienne.

elvifrance

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Série as de trèfle, n°2 Silence on bourre, éditions SICI


La chroniques pour le tome 1 :

Celle du tome 3 :

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