lundi 21 novembre 2011

Druuna de Serpieri entre science fiction et érotisme


En fouillant dans mes BD, j'ai retrouvé un album de la série Druuna dont la relecture m'a donné envie de faire une note sur le sujet. Non pas que ça soit une bd oubliée, loin de là, car comment oublier cette héroïne si gironde magnifiée par le talent de son créateur. Druuna reste une héroïne fabuleuse pour sa capacité à perdre ses vêtements et déambuler nue en exposant les plus belles fesses du monde du 9 ème art.
Serpieri est de ces dessinateurs Italiens très talentueux, qui a sans nul doute un solide apprentissage artistique. Il maîtrise en autre la morphologie de ses personnages avec un réel talent que je trouve trop rare en bd.

Druuna évolue dans une ambiance de science-fiction anxiogène et apocalyptique. Entre fantasme et réalité, l'auteur nous promène au gré de ses envies, pas toujours compréhensibles, dans un monde techno organique (Alien n'est pas très loin), le tout entrecoupé de quelques scènes érotiques torrides.

Pourtant cela ne prend pas ou du moins pas totalement. Le problème étant à mes yeux que Serpieri développe deux thématiques opposées. D'un côté de la SF un peu hermétique, Serpieri semble vouloir nous dire quelque chose, sans y parvenir. De l'autre côté, un érotisme si fort que le reste n'a finalement que peu d'importance. Cela laisse au final un récit agréable mais inabouti.
On regrette un choix clair de l'auteur dans la construction de l'histoire. J'aurais tendance à croire que le choix de l'érotisme pur aurait été le plus adapté tant l'auteur semble affectionner son héroïne et ses frasques. Je pense que cela serait aussi le choix des lecteurs, qui ne semblent que très peu intéressés par les aspects SF du récit.

Un défaut que l'on retrouve chez Manara, autre grand dessinateur Italien apparu à la même époque et auteur de nombreux albums sans intérêts (hormis le déclic et le parfum de l'invisible) à force de ne jamais faire le choix d'aller réellement vers l'érotisme pur. Finalement on ne lit Druuna qu'en survolant l'histoire, ne cherchant que les instantes clés, summum d'érotisme, qui a eux seuls justifie le succès de la série. Ce qui peut paraître quelque peu frustrant et l'on regrette que Serpieri n'ai pas pu créer un véritable chef d'oeuvre, mettant ainsi en valeur ce qui fait la force de son art.








Druuna, tome 3 Créatura de Serpieri, Bagheera, 1990



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