lundi 28 novembre 2011

Manu Larcenet strips inédits.




© Dargaud / Rita Scaglia


En 2004, Manu Larcenet a reçu le prix du meilleur album pour le premier tome du Combat Ordinaire.  C'est à cette occasion, qu'il a dessiné cette demie page, en guise de remerciement pour les libraires. 


A cette époque, il alternait entre deux styles. Une veine humoristique, avec entre autre les Cosmonautes du futur, et un travail plus réaliste avec le Combat Ordinaire. Il est intéressant de voir  qu'il a choisi son style humoristique pour dessiner cette planche. Une manière pudique de prendre la parole, pour un homme qui n'aime pas particulièrement les honneurs. 

Vous pouvez la bibliographie de Manu Larcenet sur le lien suivant : 





vendredi 25 novembre 2011

Alice par Riverstone & Mandrika (1985)


Voilà une trouvaille récente, une réinterprétation érotique d'Alice au pays des merveilles par Mandrika et Riverstone. Rien que ça suffit à convaincre d'avoir entre les mains une véritable curiosité. Sans être un grand spécialiste de Mandrika, je ne suis pas sans connaître son style totalement surréaliste, à la limite de la compréhension par moments. C'est un des auteurs des années 70, qui entre autres, avec Gotlib, a contribué à changer la bd tant dans la narration que dans l'absurde.

Je n'avais jamais vu cet album, qui date de 1985 et qui ne semble pas avoir laissé une grande marque dans l'histoire de la bd. Mandrika semble avoir plutôt bien suivi le récit original, tout en y ajoutant une grosse dose d'absurde, qui rend le récit abscons par moments. Du coup on décroche un peu. Ce qui étonne le plus c'est que l'érotisme est omniprésent dans le dessin mais quasi absent dans le texte. Un peu comme si les deux auteurs avaient travaillé séparément.

Cela dit c'est le dessin qui fait tout l'intérêt de l'album. Difficile d'échapper à cette sculpturale blonde en couverture, il y a quelque chose de magnétique. Cela dit si l'illustration est peu facile alors qu'à l'intérieur, l'auteur nous offre une mise en page incroyable. C'est dynamique, créatif et surtout cela distille une sensualité incroyable dans le moindre détail. Le dessin est vraiment saisissant et agréable. L'auteur semble totalement fasciné par la morphologie du corps féminin. Il représente indéfiniment son héroïne dans toutes les positions possibles et toujours avec une certaine élégance.

À la lecture de cette histoire, impossible de ne pas penser à un récit de Gotlib, qui proposait aussi une variante érotique de ce classique de la littérature. L'originalité de cette histoire était de mélanger Alice et Barbarella. Ce rapprochement de thématique entre de ces deux auteurs n'est pas surprenant quand on sait qu’ils ont toujours été complices.
L'album date de 1985 et est édité chez Dargaud. Ce qui peut étonner car ce n'est pas un éditeur habitué à l'érotisme. Une rapide recherche sur le net a pu m'éclairer. Riverstone et Mandrika ont commencé à collaborer dans la revue Charlie mensuel, qui a un temps, au début des années 80, été édité par Dargaud.

L'histoire ayant été publiée dans Charlie en 82, puis en album en 85. La fin de l'album annonce une suite, mais qui n'a jamais dû paraître en album. On retiendra surtout le dessin de Riverstone qui séduit rapidement. Par la suite l'auteur se tournera vers de la BD plus pornographique. On le retrouvera dans la revue Bédéadult.





Alice de Riverstone & Mandrika, Dargaud, 1985

lundi 21 novembre 2011

Druuna de Serpieri entre science fiction et érotisme


En fouillant dans mes BD, j'ai retrouvé un album de la série Druuna dont la relecture m'a donné envie de faire une note sur le sujet. Non pas que ça soit une bd oubliée, loin de là, car comment oublier cette héroïne si gironde magnifiée par le talent de son créateur. Druuna reste une héroïne fabuleuse pour sa capacité à perdre ses vêtements et déambuler nue en exposant les plus belles fesses du monde du 9 ème art.
Serpieri est de ces dessinateurs Italiens très talentueux, qui a sans nul doute un solide apprentissage artistique. Il maîtrise en autre la morphologie de ses personnages avec un réel talent que je trouve trop rare en bd.

Druuna évolue dans une ambiance de science-fiction anxiogène et apocalyptique. Entre fantasme et réalité, l'auteur nous promène au gré de ses envies, pas toujours compréhensibles, dans un monde techno organique (Alien n'est pas très loin), le tout entrecoupé de quelques scènes érotiques torrides.

Pourtant cela ne prend pas ou du moins pas totalement. Le problème étant à mes yeux que Serpieri développe deux thématiques opposées. D'un côté de la SF un peu hermétique, Serpieri semble vouloir nous dire quelque chose, sans y parvenir. De l'autre côté, un érotisme si fort que le reste n'a finalement que peu d'importance. Cela laisse au final un récit agréable mais inabouti.
On regrette un choix clair de l'auteur dans la construction de l'histoire. J'aurais tendance à croire que le choix de l'érotisme pur aurait été le plus adapté tant l'auteur semble affectionner son héroïne et ses frasques. Je pense que cela serait aussi le choix des lecteurs, qui ne semblent que très peu intéressés par les aspects SF du récit.

Un défaut que l'on retrouve chez Manara, autre grand dessinateur Italien apparu à la même époque et auteur de nombreux albums sans intérêts (hormis le déclic et le parfum de l'invisible) à force de ne jamais faire le choix d'aller réellement vers l'érotisme pur. Finalement on ne lit Druuna qu'en survolant l'histoire, ne cherchant que les instantes clés, summum d'érotisme, qui a eux seuls justifie le succès de la série. Ce qui peut paraître quelque peu frustrant et l'on regrette que Serpieri n'ai pas pu créer un véritable chef d'oeuvre, mettant ainsi en valeur ce qui fait la force de son art.








Druuna, tome 3 Créatura de Serpieri, Bagheera, 1990



jeudi 10 novembre 2011

Marouf recueil n°14, éditions Imperia (1974)

Marouf

Récente trouvaille dans un vide grenier, Marouf est une série bien franchouillarde et assez amusante à lire. C'est plus ou moins notre Papa Schultz à nous, soit une sorte de super résistant français qui ridiculise à chaque récit les forces d'occupations Allemandes. Une série qui à défaut d'être historique valorise la noblesse et la grandeur d'âme française...
En gros c'est assez ridicule. Notre héros semble tout droit sorti d'un Épisode d'Angélique marquise des anges. Beau gosse baraqué et élégant, Marouf oppose la grâce à la rigueur et la bêtise de ses adversaires. Il a un allure impayable avec sa chemise à jabots et ses cuissardes.

L'essentiel de l'action se situe dans le château d'Henrimont dans la campagne parisienne ou le général Von Fundernach et le capitaine Hans dirigent les forces d’occupations. Marouf hante le château au nez des nazis en utilisant un nombre invraisemblable de passages secrets. A chaque histoire le Colonel reçoit un ordre de mission que Marouf s'empresse de déjouer avec une insolente facilité et en ridiculisant ses adversaires. La base des scénarios évolue très peu, frise parfois le fantastique et souvent le ridicule. Les scénarios sont de la main de Félix Molinari, auteur de BD bien connu et disparu récemment.

Cette série a pour atout le dessin qui est vraiment de très bonne qualité pour un pocket. Le dessin est bien construit et efficace pour gérer les contraintes d’une parution rapide. Il y a une bonne gestion de la mise en page, les plans sont dynamiques. Le dessinateur n'est pas avare de décors et les visages bien travaillés. Le tout est rehaussé par un encrage très réussi et qui semble inspiré (en bien) des comics. Le dessin est dû à plusieurs auteurs Espagnol souvent peu connus. Les épisodes en question sont vraissembablement de la main de Ricardo Ferrandiz.  

Marouf connu une longue vie, puisqu'il y eu 208 numéros, parus de 1969 à 1986, ainsi que 49 recueils. Ce titre était éditée aux Editions Impéria, fameux éditeur Lyonnais spécialisé dans les petits formats très populaires. Cette maison d'édition fut créée en 1951 par Robert bagage, dit Robba ( à ne pas confondre avec Roba).

Pour plus d'information, je vous invite à visiter le site suivant qui contient beaucoup d'information sur les éditions Impéria et ceux qui ont participé à cette aventure éditoriale. http://r.leone.free.fr/index.htm













Marouf album relié 14 (n° 63,64,65,66), 1975, Éditions Impéria