jeudi 8 mars 2012

Diabolik 40 : pris au piège (1973)

Diabolik n°40, juin 1973.
Aujourd’hui je veux vous parler d’un album de la série Diabolik que j’ai déniché récemment chez un bouquiniste. Diabolik est l’un des anti-héros classique de l’univers des Fumetti Neri. On nous explique à chaque début d’album que c’est un génie du mal, à l’intelligence hors norme, aux moyens illimités et disposant de tous les moyens scientifiques. Bref c’est un cador, un type qui gère et à qui on ne la fait pas. Cela dit, pour que ce type de personnage existe, il lui faut un adversaire à sa mesure. Ici c’est l’inspecteur Ginko qui tient ce rôle. On retrouve un dytique Genie du crime / inspecteur, qui n'est pas sans évoquer Fantômas et Juve, les célèbres personnages de Pierre Souvestre et Marcel Allain. 

S’il est devenu aussi populaire, c’est que ses créateurs ont tout simplement décliné un concept simple et récurrent à ce type de récit d’aventure (roman, BD ou film). Diabolik n’est jamais qu’une copie très ressemblante de Fantomas de Souvestre et Allain en 1910. Le succès de Diabolik donnera d’ailleurs de nombreuses déclinaisons tel Kriminal, Satanik ou Genius. Dans une moindre mesure, le personnage de Némésis créé par Millar en 2010 chez Marvel, n’est pas sans rappeler Diabolik.



Le tandem Génie du mal/héros est plus que récurrent dans la littérature et bande dessinée, dont le succès tient toujours aux charismes des personnages. Si le héros dans toute sa noblesse peut sembler souvent lisse, il lui faut un adversaire démesuré dans sa mégalomanie. Quand c’est bien dosé, le succès devient infini. Il suffit de voir le succès de Blake et Mortimer, qui depuis 1946 poursuivent le même adversaire. Dans les Fumetti Neri, le rapport est inversé puisque le criminel devient le personnage principal. Le but étant de choquer les mœurs de l’Italie des années 60. Relire Diabolik aujourd’hui est agréable, mais n’a plus le même impact. La transgression originale a perdu de son sens avec les évolutions de la société occidentale. Reste au final, un polar bien construit, avec son cotât de rebondissements et de coups fourrés.

Dans cet album, Diabolik nous montre une certaine dignité en refusant d’endosser les crimes d’un autre, non pour des questions morales, mais simplement par orgueil. Le dessin est quant à lui assez anodin mais avec cela dit une bonne maîtrise. Les personnages sont expressifs, surtout Diabolik dont les froncements de sourcils sont légendaires. Bien qu'un peu mécanique, l’ensemble est moins figé que ce que l’on a pu voir dans certaines parutions chez Artima, Calone par exemple.



Fantomas reste l'une des inspirations principale pour le personnage.
Le look vient plutôt des films.


Voilà quelques uns des autres héros criminels nés après le succès de Diabolik.
J'ai inclus Golboy, pour Sada son adversaire régulière.


Créé par Mark Millar en 2010, Nemesis est en tout point ressemblant à Diabolik.
Sauf pour la couleur de son costume.




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