mardi 6 novembre 2012

Aux fous les pompiers de Pef


J’ai récemment découvert grâce à ma sœur, un livre de Pef que je ne connaissais pas. Aux fous les pompiers est pourtant un livre paru dans les années 80, une époque ou nous dévorions tous ses ouvrages. Nous avions tout de suite été séduit par si ton si particulier et par son dessin qui transcrit si bien l’absurdité de ses histoires.
Dans ce livre, Pef nous raconte l’histoire d’une brigade de pompiers si pauvres, qu’il faut les prévenir par courrier en cas d’incendie car ils n’ont pas le téléphone.Par manque d’essence, ils sont forcés de pousser leur camion… Bref ils sont on ne plus miteux mais pourtant pleins de bonnes volontés. Ce qui fait qu’ils ont quand même une certaine efficacité. Ce qui leur vaut quelques honneurs et récompenses. Récompenses qu’ils s’empressent de dilapider en de gigantesque festin, façon Astérix. Une histoire joyeusement délirante où l’humour est toujours pour Pef le moyen de mettre en avant les thèmes qui lui sont chers.
Il y a en effet chez lui une volonté quasi pédagogique de désacraliser la position de l’adulte aux yeux des enfants. Il utilise pour ça l’artifice qui consiste à inverser la norme pour mieux en montrer les limites. Les pompiers qui sont a priori l’archétype de la probité deviennent ici des bras cassés qui sont tout sauf fiables. Pef, à travers ce genre d’idée, montre que les adultes ne sont pas parfaits. L’idée est de déstabiliser intelligemment les enfants afin de leur montrer qu’a leur image, adultes sont encore et toujours des êtres en devenir. Ainsi l’adulte gagne en humanité et devient un modèle qui accompagne et non qui s’impose telle la statue du Commandeur dans Dom Juan. À cela s’ajoute le fait que dans les dessins de Pef, les enfants semblent toujours porter un regard moqueur sur les adultes. Comme s’ils avaient l’instinct de ne pas trop les prendre au sérieux.
Comme nous l’avons vu, Pef affectionne les personnages imparfaits, mais cela n’est jamais une fin en soi chez lui. En effet, nul besoin d’être parfait pour s’accomplir. Nous le voyons chez nos pompiers qui malgré tout arrivent à une certaine réussite. La encore le message est très rassurant pour les enfants. Au lieu de nier ses défauts, il faut en jouer pour mieux les dépasser. Son principe est de refuser une norme (ou un jugement) qui imposerait des limites, mais au contraire transcender ça pour s’épanouir.
Finalement sous l’aspect de la légèreté et de l’humour, Pef fait preuve d’une grande intelligence de propos à l’égard des enfants. Il se refuse à un cynisme qui gâcherait la part de magie de l’enfance sans pour autant considérer qu’il faut bercer l’enfant d’illusions niaises et/ou stéréotypées qui seraient du coup un frein pour son développement.
C’est là tout son talent et pour moi la marque des grands auteurs.

Voici quelques extraits d'Aux fou les pompiers de Pef.











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