samedi 25 février 2012

Bandolero par Carlos Gimenez (1989)


Bandolero est tout a fait le type de bd qui attire mon attention dans les bacs à fouille. Rien que la vieille maquette Dargaud des années 80, c'est un régal. On n'en fait plus des couvertures pareilles. Cela dit le dessin est beau, mais que la maquette est lourde et puis un titre aussi lourd on a pas idée. Bon je connaissais le travail d'inspiration autobiographique de Carlos Gimenez publiées chez Fluide Glacial, mais cette histoire plus réaliste est un aspect de son travail que je ne connaissais pas. Il n'en fallait pas plus pour me persuader de lire cet album et je dois dire que c'était une fort bonne idée tant il s'est révélé passionnant.
L'album s'ouvre sur une très intéressante préface d'un certain Javier Coma qui nous éclaire sur trois axes, la place de cet album dans le travail de Gimenez, le contexte historique des faits et une analyse du graphisme.

Bandolero est l'adaptation de l'autobiographie de Juan Caballero, qui fut, apprends-t-on, un bandit Andalou du XIX ème siècle douté d'une certaine noblesse et de panache, à l'image de son nom de famille qui signifie chevalier. À travers quelques nouvelles, le personnage nous apparaît singulier et atypique. Un homme dur mais juste, toujours respectueux d'une sorte de moral. Un bandit de grand chemin chez qui la violence n'est jamais ni gratuite, ni une fin en soi. La noblesse du personnage lui permit même d'être gracié par le Roi d'Espagne.Gimenez pioche des anecdotes assez diverses afin de mettre en valeur la richesse de caractère du personnage. C'est cette ambivalence entre la moralité et la vie de brigand qui fait tout le sel de ce récit.

Pour adapter ça en image, Gimenez adopte un style plus réaliste, plus fouillé, tout en changeant sa mise en page. Il donne plus de place aux décors, en y cherchant là un réalisme plus appuyé qu'a son habitude, tout en traitant les personnages et leurs expressions dans un style semi réaliste. La nature a une place importante, car comme dans les westerns, c'est quasiment un personnage à part entière. Il joue habillement avec l’encrage, allant parfois jusqu'à l’épure en s’affranchissant du cadre même des cases.
Pour moi cet album est véritable petit bijou. L’onirisme mit à part, nous ne sommes pas loin de Pratt.