lundi 23 avril 2012

Outre-tombe hors série 4 Elvifrance (1972)

J'ai eu la surprise, à la lecture d'un hors série de la collection Outre-tombe, de tomber sur un court récit bouche trou en fin d'album, mettant en scène le personnage de Sada, déjà-vu dans la série Goldboy, dont elle est une adversaire récurrente. 

Le récit d'une trentaine de pages est dans un style très proche de aventure de Diabolik, avec un personnage principale foncièrement machiavélique. Dans cet épisode, Sada est une femme handicapée, travaille comme clown dans un cirque. Le mépris de ses collègues à son égard, semble être ce qui la pousse à commettre de nombreux meurtres. Elle s'échappe assez facilement, non sans avoir violé et tué le commissaire qui la pourchassait. Un scénario où la violence est gratuite et parfois absurde, typique de ce genre de récit. 

Dans cette histoire, Sada apparaît avec une prothèse à la jambe gauche, que l'on ne verra plus lors de ses apparitions dans Goldboy. Cette histoire m'intrigue, car Sada semble avoir eut le droit à sa propre série ou du moins quelques épisodes. Le forum de BD trash, nous donne quelques pistes, car nous trouvons un autre récit a la même époque dans Terror HS 4 qui nous raconte les origines de Sada. Elle est typique de ces héroïnes cruelles qui peuplaient les fumettis à cette époque. À noter que ce numéro d'outre-tombe est paru en décembre 1972, le même mois de ce qu'il semble être sa première apparition dans Goldboy 15. Mais je peux me tromper car je n'ai pas lu tous les numéros de Goldboy, cela dit, elle n'apparaît pas sur aucune couverture avant le 15. 

Le dessin est réaliste, sans charmes particuliers mais efficace. Sa rigueur très année 60, lui donne un coté quelque peu suranné. 









En cherchant dans ma collection, j'ai retrouvé deux numéros hors-série de Goldboy, avec des couvertures représentant Sada. Cependant, Ils contiennent des récits d'intérêts divers, sans rapport avec elle. Ce sont sans aucun doute, des illustrations de la série originale italienne, utilisées ici comme bouche-trou.

Goldboy hors série 1

Goldboy hors série 2


Je n'aborderais que brièvement le récit principal de ce hors série. Le dessin de Mario Cubbino est fort agréable, expressif, avec un bel encrage qui fait la part belle à l'érotisme. Mais le scénario est mal construit et du coup l'ensemble est trop léger et désamorce la tension horrifique, qui est pourtant le but premier de cette série. 





Quelques planches et infos complémentaires.
http://bdtrash.forumdediscussions.com/t2032-outre-tombe-hs-n4b-crimes-au-cirque

Outre-tombe HS, decembre 1972, Elvifrance

mercredi 18 avril 2012

L'honorable agent double de Gil Brehat (1962)


Pour une fois je m'éloigne un peu de la bd pour aborder un roman d'espionnage que j'ai trouvé récemment dans une brocante. C'est l'illustration de couverture qui m'a décidé (comme souvent) à choisir ce livre. L'illustration serais de Brantonne. J'aime bien cela raconte déjà une histoire contrairement au roman qui est d'ailleurs assez linéaire. On se demande si l'histoire n'a pas été écrite d'après l'illustration. Le livre date de 1962, nous sommes plongés en pleine guerre froide. Nous suivons Nick, fringant espion de la CIA, qui se retrouve coincé en URSS lors d'une mission. En attendant d'être récupéré par son mentor, Nick se cache dans un tas de foin et a une histoire avec la Russe qui le cache. Il faut bien s'occuper un peu. C'est un roman de gare tout simple, sans style ni suspence, n'ayant d'autre prétention que de distraire le temps d'un trajet de train. L'auteur, Gil Brehat, signe ici le troisième roman mettant en scène Nick Kinsly. 

L'honorable agent double de Gil Brehat, SEG (1962).


recto

Réédition avec une seconde couverture.

jeudi 5 avril 2012

Satarella 13 de Gi Toro (1985)


Voilà un nouvel album de Jimmy Toro, ou Gi Toro parfois, datant de 1985, que j’ai déniché dans une brocante récemment. Un petit format paru aux éditions SPS, a priori encore une parution d'André Guerber. 

Pour une fois, cet album  avoir été  dessiné par le maître himself et non un de ses habituels assistants calamiteux. La couverture est à la fois très explicite et parfaitement censurée. Mais parait un peu soft, au vu de certaines couvertures d’Elvifrance de la même époque. Le titre est marrant, d’autant qu’il est sans rapport avec l’histoire. 

Je n’avais pas encore lu de Satarella, ce sont donc des récits complets entre horreur et fantastique. Une sorte de pâle copie des séries vertes ou jaunes. 
Cela dit, pour peu que l’on prenne goût à la dérision de ce genre de BD, celle-ci se révèle plutôt agréable. Le dessin est direct est plutôt maîtrisé sur la longueur du récit. L’histoire est assez délirante, sans réel fil conducteur et avec un ton léger malgré les différents outrages subit par l’héroïne. 

L’histoire commence dans le cabinet d’une sorte de Fu Manchu priapique et très vaguement médecin qui est chargé de faire avorter une prostituée, mise enceinte par un sénateur. Sa méthode n’est pas très efficace, puisque la jeune femme finira par accoucher d’un monstre siamois assez grotesque qui lui pourrira la vie pendant un certain temps. Le récit est entrecoupé de scènes gore ou de cul, pour un final où la morale reprend ses droits. Ouf l’honneur est sauf. Une vaste bêtise fort divertissante.

Satarella n°13, par Jimmy Toro, Editions SPS, 1985

Un récit fantastico-gore.
Un brin absurde.
Une touche de gore.
Et un peu d'érotisme. 



mardi 3 avril 2012

Messalina de Jean-Yves Mitton



Le billet de ce jour va relativiser l’intituler du blog, car la série dont je veux parler est assez récente, mais c’est le genre même dont elle est issue, la pornographie, qui lui fait risquer l’oubli que pourtant elle ne mérite pas. Messalina est la toute dernière série de Jean-Yves Mitton. Deux tomes sont déjà parus sur les six annoncés. Mitton revient vers son genre de prédilection, le récit d’aventure historique. Si l’on a souvent vu poindre des touches d’érotisme comme dans Vae Victis ou les Chroniques barbares, il choisit ici un sujet sulfureux afin de faire un récit franchement pornographique. On pourrait croire sa vision de la vie de Messalina excessive, mais quelques recherches montrent qu’il n’en est rien. Les principales sources d’informations sont les écrits de Suétone et Tacite, qui la décrivent quasiment comme une putain. Les historiens semblent tempérer quelques peu ces rumeurs, qui viseraient à nuire a l’image historique du personnage, sans pour autant en nier complètement le fondement. On retrouve ici le fantasme du peuple imaginant avec délectation la débauche des classes dirigeantes, afin de mieux les détester. Fantasme ou réalité, nous ne faisons que répéter des schémas de pensés vieux comme le monde et toujours d’actualités.

Toujours est il que Jean-YvesMitton se fait plaisir avec cette série où l’on appréciera la rigueur de son dessin, à retranscrire un monde Romain qui semble très bien documenté. Il est agréable de voir ici un vieil habitué de la bande dessiné qui, sans intellectualiser sa démarche artistique, se montre d’une redoutable efficacité. Il maîtrise on ne peut mieux la narration. Capable de tout faire, il semble aborder avec aisance chacune de ses histoires. Il lui suffit de quelques cases pour nous transporter dans ses histoires et quel plaisir que de suivre ici le parcours de débauche de son héroïne.

Cela n'est pas sans évoquer Milo Manara et son travail sur les Borgia, autre adaptation d’un mythe historique tout aussi sulfureux. Sans volonté de les opposer mais plutôt de les comparer. Il est étonnant de voir que s’attaquant à des sujets aussi proches, le résultat diffère autant et pas seulement par le choix de Mitton d’aller vers la pornographie. Manara esthétise à outrance son récit, pour en faire un objet sulfureux et terriblement attractif. Comme s’il avait un besoin de séduction. Mitton ne semble pas chercher cela, mais plutôt son propre plaisir. Son travail est tout autant aussi, mais dans un genre plus spontané comme un bon artisan. L’observation est intéressante d’autant que les auteurs ont un parcours assez similaire ayant tous les deux commencés en dessinant des petites BD populaires et bon marché pour se faire la main. Mitton chez Lug à l’époque a surtout dessiné des récits d’aventure. Manara essayé aux Fumetti Neri, genre phare en Italie à cette époque. Notons pour l’anecdote que parmi les séries qui définirent le style Fumetti Neri, nous trouvions déjà à l’époque une série sur Messalina.

Messalina de Jean-Yves Mitton, Editions Ange








Pour le plaisr des yeux, la superbe couverture de l'intégrale des Borgia.


Le premier volume de la traduction de ce fumetti.

Messalina de Jean-Yves Mitton, tome 1 & 2, éditions Ange