mardi 25 décembre 2012

Les drolesses 12 Elvifrance (1986)

 Dans les premiers numéros de la série les drôlesses, nous suivons les aventures de Zezette, une jeune sorcière sexy et ingénue, qui parcours le monde a la recherche du grand amour. Elle communique avec en intelligence artificielle, qui essaie de la guider dans le monde des hommes. Les aventures sont assez fantasques et toujours teintées d'érotisme gentillet.


Dans ce numéro 12, Zezette s'est amourachée de Peter, un jeune cow-boy qu'elle essaie de séduire par tous les moyens. Mais ce dernier ignore désespérément ses charmes. Zezette n'hésitera pas à intervenir pour lui faire gagner un rodéo, pensant que ça le fera tomber dans ses bras. Mais au contraire, bien que sacré roi des Cow-boy (sic), il lui échappera une nouvelle fois. Le temps de quelques péripéties absurdes Zezette suivra encore la route de Peter. Elle finira par découvrir le secret honteux de Peter et comprend qu’il lui est définitivement inaccessible.

On est typiquement dans un récit d'aventure sans queue ni tête, qui frise involontairement l'absurde par moments. Les rebondissements multiples permettent au récit d'avancer sans que l'on se pose trop de questions sur la cohérence. Dans cet épisode, les intrigues du numéro précédent, sont vite torchées, sans que cela ai la moindre incidence, on n’est pas à ça près. L'érotisme bon enfant, donne un ton léger et sexy à l'ensemble. C'est le dessin fin est plutôt élégant bien que trop inégal parfois. La mise en page est plutôt bien gérée, les cadrages variés et il y a même un peu de décors. C'est ce qui donne un léger cachet à cette série.







les Drôlesses 12, Elvifrance, février 1986

samedi 8 décembre 2012

Brulez le c'est un nègre Elvifrance (1980)


Histoires noires a été l'une des plus longue collection des éditions Elvifrance, avec à peu près 144 numéros parus entre 1978 et 1992. Le principe étant d’illustrer des faits-divers, plus ou  moins violents et salaces. Sur la fin, la série perdra de son charme se concentrant sur des histoires pornos sans grands intérêts. Cependant certains récits tirent leurs épingles du jeu, en ayant un fond de critique social. C'est le cas avec ce numéro qui aborde les problèmes de l’immigration et du racisme en Italie.

Cela nous raconte l’histoire d'un jeune Africain fraîchement débarqué en Italie. La tête pleine d’illusions, il pense trouver en Italie un refuge et une stabilité qui lui manquait dans son pays. Mais son innocence l’empêche dans un premier temps de voir la méfiance des gens à son encontre. Dès son arrivée à Rome, il se fait voler ses papiers et son argent. Il se trouve dès lors dans une situation précaire qui se dégradera rapidement étant incapable de trouver un travail décent. Sans un sous en poche sa déchéance est inéluctable. Il devient vite SDF, mendiant quelques sous dans le vieux Rome. Cette situation dramatique n’en fait pas moins la cible du racisme, qui va s’exprimer de façon dramatique et qui donne son titre à l’histoire.

Le scénario de cette histoire est saisissant de réalisme. Si l’auteur fait le choix d’un récit assez radical, c’est pour mieux illustrer la difficulté de la situation des immigrés dans les pays occidentaux. Des immigrés qui servent de main d’œuvre, mais que la société qui les exploite refuse de voir et d’accepter. Il n’est pas anodin que le personnage de l’histoire échoue sur le parvis d’une église, où sa présence choque, allégorie l’indifférence de nos sociétés bourgeoises. La force de l’auteur est de montrer que la pauvreté, le racisme ou l’indifférence sont des problèmes qui sont indissociables les uns des autres. Cela peut certes sembler cliché à notamment du côté excessif propre au Fumetti. Mais ça n’en reste pas moins vrai et c’est finalement assez riche pour une petite BD qui ne paye pas de mine. Récemment Baru a abordé, avec plus de talent le même problème dans l’album Fait péter les basses Bruno. Il y a un autre point que l’auteur sous-entend sans réellement l’aborder, c’est le refus des immigrés de renter chez eux en admettant avoir échoués dans leurs rêves d’eldorado. Un aspect que l’auteur Fatou Diome avait fort bien illustré dans son roman Le ventre de l’Atlantique.

Je n’aborderais pas l’aspect graphique de ce récit tant il est anecdotique et vite torché sans imagination particulière. La couverture par contre est particulièrement réussie

L’album est composé d’un second récit assez anecdotique sur un homme qui prostitue sa femme afin de s’élever socialement. Le dessin y est sympathique, bien qu’inégal sur certaines pages. L’histoire est un peu bancale car l’auteur s’intéresse peu aux causes mais surtout aux conséquences. Du coup ça semble un peu creux.








Histoires noires 23: Brûlez le c'est un nègre, édition Elvifrance, 1980

Un autre titre de la même collection :