jeudi 5 décembre 2013

Echo de Terry Moore

Attention, c'est une critique sur l'ensemble de la série, cela pourrait quelque peu gâcher l’intrigue.

Il y a quelques jours, j'ai trouvé à la bibliothèque de mon quartier les six tomes de la série Echo de Terry Moore. Cela a été l'occasion de me plonger dans cette série, qui a plutôt bonne réputation.
J'aime lire une série dans son intégralité. C'est souvent le moyen d'avoir un avis plus juste sur l'ensemble de l'intrigue. Après un départ un peu lent et quelques peu stéréotypé, l'histoire prend réellement son essor. Terry Moore sait ménager le rythme et les révélations afin de projeter le lecteur plus en avant dans le récit. C'est comme ça qu'on se laisse prendre par l'histoire. En ça Terry Moore est un bon conteur. Pourtant une fois la lecture terminée, il m'apparait que la série a quelques imperfections.

Moore est réputé pour sa capacité à décrire les relations humaines et il faut bien convenir que c'est ce qui fait la force de Echo. A la lecture de la série, je n'ai pu m’empêcher de penser au travail de Kirkman. Comme dans Walking dead, c'est la richesse des personnages et leurs interactions qui sont intéressantes. J'irais jusqu'à dire que le fond ne sert que de décors au scénariste, pour pousser ses héros dans divers retranchements et imaginer leur réactions. Les personnages de Julie et Dillon sont touchant par leur humanité. Ils sont paumés dans un monde qui les dépasse et pourtant, ils essaient de comprendre. Leur quête de savoir, les amènera à croiser de nombreux autres personnages. En tête, on trouve Ivy, cet agent du gouvernement, qui agira non en fonction des ses ordres mais plutôt de son bon sens. Ces trois personnages vont évoluer et changer au cours de l'histoire.
Je suis plus mitigé pour les autres personnages. Moore leur consacre moins de place et du coup, ils apparaissent comme plus prévisibles. Certains personnages secondaires comme la sœur de Julie ou le jeune scientifique sont plutôt bien vus. Toujours est il que c'est l'aspect humain du récit qui est le vrai ciment de la série.

La trame entre thriller et anticipation est plus maladroite. Cela se met longuement en place sur les deux premiers volumes. Julie est témoin malgré elle d'une explosion lors d'un test top secret pour l'armée. C'est ainsi qu'elle rentre en contact avec une étrange matière qui entre en symbiose avec son corps. Ainsi commence une chasse à l'homme assez classique, avec en toile de fond la paranoïa du gouvernement manipulateur et des limites de la science. C'est cousu de fil blanc, on se croirait dans un épisode d'X-files. Il faudra attendre le tome 3, pour que la trame de fond prenne plus d'épaisseur et contraigne les personnages à changer leurs points de vues. A partir de là, l'ensemble prends plus de sens et l'on se laisse porté plus aisément par l'intrigue.
Il y a là un délire biblique avec un mystérieux personnage, lui aussi porteur du fameux métal, dont je comprends mal l'utilité. Ou plus précisément, je trouve que Moore, n'arrive pas l'utiliser correctement, jusqu'à bout de l'histoire. Il disparaît à la fin du tome cinq et n'a quasiment aucune influence sur la conclusion de l'histoire. C'est dommage et cela laisse penser que Moore maitrise mal son histoire.
La partie graphique est quant à elle, beaucoup plus satisfaisante, car le travail de Moore est régulier et gagne en aisance au fil des volumes. Moore fait le choix de faire sa série en noir et blanc. Ce qui à mes yeux est une bonne idée, car cela correspond assez bien au coté humble de la série. Il y a quelque chose d'assez sensible dans la façon dessiner de Moore. Son trait est fin, assez précis sans pour autant être trop fouillé. Même si elles sont réussies, on le sent moins à l'aise sur les scènes d'actions. Sa réelle efficacité apparait surtout dans la gestion des scènes de dialogue, ou sa finesse fait des merveilles. Il sait vraiment faire ressortir les émotions de ses héros. C'est vraiment saisissant dans certaines scènes entre Julie et Ivy. Il y a une complicité évidente entre elle, tout en gardant un côté ambivalent.

Bref c'est vraiment la représentation de l'intime, tant dans l'écrit que le dessin, qui transcende ce récit. Une approche peu courante pour un récit fantastique. C'est essentiellement pour ça, que la série vaut le coup d’être découverte. On peut aussi être sensible au fait que Moore travaille en indépendant. J'aime bien les artistes qui ne rentrent pas dans les cases. Ironique pour un dessinateur de BD.

Voilà la scène d'introduction du tome 1. On peut y voir la maitrise de la mise en page. 



Voilà les couvertures des six volumes chez Delcourt





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