lundi 20 mai 2013

Pifou Poche 15 de Roger Mas

Pifou poche n°15 (1970), Éditions  Vaillant

Il y a quinze jour, alors que je désespérais de trouver quelques choses d'intéressant dans un vide grenier de campagne, j'ai mis la main sur un album de Pifou. Comme le disait Brassens " ce n'était rien qu'un peu de pain, mais il m'a réchauffé le corps". Effectivement, ce n'était pas grand-chose, juste un vieil album, même pas en bon état, mais il a fait ma joie.

Cela peut sembler modeste comme trouvaille et pourtant je ne peux m'empêcher d'admirer le travail de ces artistes qui inlassablement dessinaient des gags à base de peaux de bananes et de plaques d'égouts ouvertes. Avec Pifou, ça touche à l'abstraction totale, au sublime même, car la simplicité apparente des gags cache en réalité une synthèse ultime du processus comique. Les auteurs utilisent le comique de répétition, de situation, l’absurde et aussi parfois jouent avec la structure des cases. Chaque Pifou poche nous promet 100 gags inédits, sans compter la page de gauche avec ses jeux et autres blagues des lecteurs. Une véritable promesse de joie de vivre.  On retrouve plusieurs thématiques avec une page titre et une douzaine de gags. Dans cet album, il y a :


  • -           Gags en ski
  • -           Jeux de glaces
  • -           Gags en vracs
  • -           Représentant qualifié (il y a un fil conducteur dans cette série)
  • -           Jour sans bosses (il y a un fil conducteur dans cette série)
  • -           Service voirie

Pifou est une création de Roger Mas, alors dessinateur des aventures de Pif le chien. Pifou est présenté comme le fils de Pif, avant de vivre ses propres aventures en compagnie de Brutos, ce à travers diverses revues, dont Pifou poche. Pifou est célèbre pour son phrasé certes limité mais au combien explicite « glop glop » ou « pas glop pas glop ».
Pifou Poche est paru de 1966 à 1980, soit 122 numéros. Pour cette publication Roger Mas a été assisté au dessin par Henri Dufranne et André Schwartz. Je n’ai pas trouvé d’infos sur Schwartz. Par contre Dufranne semble bien connu, pour sa longue collaboration avec les éditions Vaillant. Il était notamment l’assistant de Gotlib pour la série Gai Luron poche.

Plus d’infos pour les curieux :


















dimanche 19 mai 2013

Fiction, la revue avec Forrest, Sternberg et Curval

Fiction la revue de l'étrange

Afin de me remettre d’une semaine sommes toute assez chaotique, rien de mieux que d’aller traîné dans les bacs à fouille des bouquinistes. Ce fut une bonne idée puisque je suis revenu les bras chargés d’une tonne de livres, dont un lot de la revue Fiction pour une bouchée de pain. Je ne m’étendrais pas sur cette revue et son histoire, il y a de nombreux sites qui le font déjà très bien. Sans en avoir jamais lu, j’avais déjà eu plaisir d’observer les belles illustrations de couverture à la Libraire Scylla.
J’aime cette esthétique souvent plus surréaliste que fantastique de ces très vieux numéros et puis cet aspect vintage est des plus agréables. Je scanne donc pour l’occasion une première partie de mes achats. L’observation des sommaires est assez excitante, il y a pas mal de nouvelles d’auteurs que j’aime bien et d’autres à découvrir.


Fiction la revue de l'étrange
Fiction la revue de l'étrange
n°19, Juin 1955

Fiction la revue de l'étrange
Fiction la revue de l'étrange
n°21, Août 1955, couverture de Jacques Sternberg

Fiction la revue de l'étrange
Fiction la revue de l'étrange
n°25, Décembre 1955, couverture de Jacques Sternberg

Fiction la revue de l'étrange
Fiction la revue de l'étrange
n°30, Mai 1956, couverture de Philippe Curval

Fiction la revue de l'étrange
Fiction la revue de l'étrange
n°33, Août 1956, couverture de Philippe Curval

Fiction la revue de l'étrange
Fiction la revue de l'étrange
n°42, Mai 1957, couverture de Rose Gauthey

Fiction la revue de l'étrange
Fiction la revue de l'étrange
n°46, Septembre 1957, couverture de Rose Gauthey

Fiction la revue de l'étrange
Fiction la revue de l'étrange
n°52, Mars 1958, couverture de Lucien Lepiez

Fiction la revue de l'étrange
Fiction la revue de l'étrange
n°53, Avril 1958, couverture de Jean-Claude Forest

Fiction la revue de l'étrange
Fiction la revue de l'étrange
n°55, Juin 1958, couverture de Jean-Claude Forest

Fiction la revue de l'étrange
Illustration de Jean-Claude Forest

dimanche 12 mai 2013

Planche inédite des passagers du vent de Francois Bourgeon

Voilà une planche que François Bourgeon a réalisé, il y a une dizaine d'années, alors qu'il était contraint à une astreinte financière pour retard de livraison de ses nouvelles planches. Une condamnation absurde, résultat d'une procédure judiciaire lancée par son éditeur de l'époque Casterman.  En réponse, Bourgeon avait arrêté de dessiner ou au moins de publier pendant des années. Il a heureusement eu gain de cause, puis changé de maison d'édition. Cette planche évoque la tourmente de l'époque. On peut y déceler quelques liens que nous retrouverons des années plus tard dans la Petite fille de Bois-Caïman, la suite de la saga les Passagers du vent. 

Plus d'infos sur cette étonnante histoire : 

http://www.actuabd.com/Francois-Bourgeon-sur-le-point-d-arreter-la-BD

Planche inédites de passagers du vent


Les passagers du vent, cycle 1:
Les passagers du vent de Bourgeon

Les passagers du vent de Bourgeon

Les passagers du vent de Bourgeon

Les passagers du vent de Bourgeon

Les passagers du vent de Bourgeon


Les Passagers du vent, cycle 2 :
Les passagers du vent de Bourgeon

Les passagers du vent de Bourgeon

samedi 11 mai 2013

Le Chevalier malheur de Duval et Bertho

Tout commence par hasard. Il y a un bail, j'ai trouvé dans un bac de solde, les deux premiers tomes de la série le Chevalier Malheur. J'avais un vague souvenir de cette série de fantasy chez Delcourt. Comme les albums ne coutaient qu'une bouchée de pain, j'ai tenté l'aventure. Lecture faite des tomes, je me suis rendu compte que non seulement l'histoire était originale mais qu'en plus le dessin était fort agréable. Par contre le récit restait inachevé. Il y avait un troisième tome, qui semblait introuvable.  Après quelques recherches, j'ai vu que la série était épuisée alors qu'elle n'était pas bien vieille. Je pense qu'en toute logiques le tirage pour la sortie du troisième tome, a du être revu a la baisse par l'éditeur.
Il m'aura fallu près de trois ans pour en trouver un exemple à un prix (et dans un état) décent.
J'ai donc pu me replonger avec plaisir dans la lecture de cette série fantasy de très bonne facture et qui mériterais  un brin de reconnaissance.

Le premier intérêt du scénario est qu'il évite l'écueil du récit fantastique ou toute l'histoire se situe autour des luttes de pouvoir au sein d'un royaume. Martin fait ca très bien dans le trône de fer, mais pour ca il développe une foultitude de personne à fortes personnalités.
En BD, l'action prime souvent sur les personnages, qui du coup semble facilement interchangeable d'une série à l'autre. Il y a de belle série, souvent fort bien dessinée mais qui à mes yeux n'ont pas d'âmes. sans éluder un contexte de fond, Pascal Bertho concentre son intrigue autour d' un vieux chevalier, qui n'est pas sans rappeler Bragon de la quête de l'oiseau du temps. Groene est un chevalier vieillissant, héro de la fameuse geste du Chevalier Malheur. Dans sa fougueuse jeunesse, il était le plus vaillant chevalier du Royaumes des trois pics. Mais il perd tout lors d'une terrible guerre fratricide. L'honneur de n'avoir su défendre son royaume, ses compagnons d'armes et la femme de sa vie. Depuis il n'est plus que l'ombre de lui même, ne vivant plus que dans l'illusion de la geste qui conte ses exploits passés.

Un élément apparait qui va pousser Groene a se confronter aux fantômes de son passé, notamment de ses compagnons d'armes. Ultime quête avant la mort, mais est il le maitre de son destin ? Tel est le véritable sujet de cette série.
Bertho partage son récit entre le présent et des flashback qui nous renseigne sur les moments forts de la vie de Groene. Si ses détracteurs aiment a penser qu'il juste un usurpateur chanceux, il semble pourtant qu'il a toujours su forcer son destin. Bertho insiste beaucoup sur les liens d'amitiés. Groene apparait autant comme ayant été soutenu par ses amis que comme un modèle infaillible. S'en suit un cheminement introspectif, ou le passé lui donne les clés et/ou la foi d'affronter son avenir.
L'écriture est agréable et il apparait que tant pour la forme que le fond, Bertho a une très bonne maitrise de son univers. Alors que le récit est entrecoupé de nombreux flashback, l'ensemble reste très fluide à la lecture. Notamment car Bertho travaille avec finesse les transition entre passé et présent. Il n'y a que sur le troisième volume ou l'ensemble est un peu moins harmonieux . Certaines transitions sont moins évidente, mais je pinaille. Par contre je pense qu'il manque un flashback qui aurait mieux explicité l'évolution de l'histoire d'amour.

Certains d'entre vous connaissent peut être le travail de Stéphane Duval, qui avant cette série avait déjà plusieurs albums de fantasy chez Delcourt. J'aime beaucoup son travail car son trait est assez particulier. Il m'est difficile d'expliquer exactement pourquoi. Disons qu'il est semble hors des quelques courants stéréotypés que l'on retrouve habituellement en BD. Duval ne semble pas chercher le beau mais plutôt l'émotion. Je trouve son trait à la fois sensible et énergique. De prime abord ca déstabilise un peu et pourtant dès que l'on est plongé dedans on ne peu être que sous le charme. SI ce n'est pas le cas, tant pis pour vous. Le ton particulièrement épique du Chevalier Malheur donne à Duval l'occasion de faire de belles planches très dynamiques. Cela se ressent surtout dans les flashbacks, ou l'insouciance et le courage sont très bien rendu. En contre partie, le dessin s'adapte à l'autre partie du récit, au rythme du chevalier épuisé par le remord et le poids des ans.
En prenant bien le temps d'observer le dessin, j'ai trouvé des points communs avec le travail
de Lereculey, surtout dans la façon de dessiner la nature. Ainsi que dans l'encrage. Difficile a vérifier, mais bon peut être se connaissent ils.


Duval

Lereculey

Pourtant à la relecture de la série, on en peut s'empêcher de noter quelques bémols.
Dans le second volume, je ne comprends pas pourquoi lors de certains flashbacks, le fond des pages apparaissent en noir. Ce n'est absolument pas le cas dans les deux autres albums. Je trouve que cela perturbe la lecture sans que cette décision soit très compréhensible. 
Par exemple sur cette page, c'est moche et cela perturbe la lecture. 

Autre point plus important, il est incontestable que le choix des couvertures est raté. Pourtant chez Delcourt, les illustrations de couvertures sont plutôt soignées. Ici, elle ne sont pas moches, mais franchement peu attirantes. La première est quelconque, n'évoque rien de notable, ou plus exactement c'est un hommage à la Quête de l'oiseau du temps de Loisel. La comparaison suivante ne trompe pas. Un hommage évident, mais qui ne sert pas particulièrement l'album. 





La couverture du second tome est la plus réussi. La trouvaille visuelle est parlante de suite et du coup interpelle mieux. Celle du dernier tome se passe de commentaire, tant elle est manifestement bâclée. 

Cela dit comme je l'évoquait plus haut, la série n'a pas du rencontrer le succès espéré. Ce qui a du pousser l'éditeur et les auteurs à produire le troisième tome avec moins de passion. Outre la couverture ratée donc, le dessin intérieur est beaucoup moins séduisant et supporte mal la comparaison avec les tomes précédents. Impression d'autant plus renforcée, que la couleur de cet album est informatique. Ce qui créera une rupture, par rapport aux deux premiers albums. Pour un résultat, peu intéressant, comme l'on peut le voir sur la comparaison suivante. 

Exemple du tome 1 et du tome 3


Puisque que nous parlons de couleur, c'est l'occasion de parler du travail de coloriste d'Isabelle Cochet. Sa palette de couleurs est belle et lumineuse. Elle sait en jouer pour créer des ambiances différents en fonction des scènes. Un travail très fin et qui s'adapte bien au dessin de Stéphane Duval. Au final, la couleur est un élément aussi important que le dessin et cela contribue au charme des premiers albums.  Ce qui était d'ailleurs la marque de fabrique chez Delcourt jusqu'au début des années 2000. Il y avait, à l'époque, plein de talentueux coloristes, comme Isabelle Rabarot, connue entre autre pour ses couleurs des albums Vatine.
Pour mieux découvrir le travail d'Isabelle Cochet, je vous invite à visiter la page suivante :
http://www.bedetheque.com/auteur-515-BD-Cochet-Isabelle.html

Si il est dommage que la série se finisse sur un album plus faible, cela ne remet pour autant en cause l'ensemble qui est assez plaisant.


Le Chevalier malheur de Duval et Bertho

Le Chevalier malheur de Duval et Bertho

Le Chevalier malheur de Duval et Bertho

Pour le plaisir, voici les premières pages du Chevalier malheur.

Le Chevalier malheur de Duval et Bertho
Le Chevalier malheur de Duval et Bertho
Le Chevalier malheur de Duval et Bertho
Le Chevalier malheur de Duval et Bertho
Le Chevalier malheur de Duval et Bertho
Le Chevalier malheur de Duval et Bertho
Le Chevalier malheur de Duval et Bertho
Le Chevalier malheur de Duval et Bertho