mercredi 26 février 2014

India Dreams le carnet de croquis

En 2010, pour accompagner la sortie du tome 6 de la série India Dreams de F.G et Maryse Charles, les éditions Casterman ont offert un très joli carnet de dessin. Assez luxueux d'aspect car un peu plus grand qu'un A4 et imprimé sur un beau papier, l'on retrouve sur une quinzaine de pages de nombreux croquis, dessins et peintures.

Je vous ai scanné le dossier en entier à voir si dessous.

Plus d'information sur la série sur :
http://www.bedetheque.com/albums-1991-BD-India-dreams.html





mardi 25 février 2014

L'expo Mécahumanimal de Bilal au musée des Arts et Métiers

Pour les parisiens, l’exposition Bilal est prolongée jusqu’au 18 mars au musée des Arts et Métiers. Une bonne occasion de (re)découvrir cet auteur.

Pour ma part son dessin me touche beaucoup. J’ai découvert ses albums à l’adolescence et cela changé à mon goût de la BD. Mais force est de constater que depuis la fin de la trilogie Nikopol, ses albums sont de plus en plus obscurs. Il y a deux raisons à cela. Tout d’abord, il apparaît clairement que la bande dessinée n’est plus le registre d’expression qui correspond à sa façon de travailler. Cela nécessite une certaine forme de contrainte qu’il faut sans cesse réinventer (ou pas ça dépend du talent). Bilal lui l’ignore complètement. Les principes même de mise en page ou de narration ne correspondent plus à sa façon de travailler. C’est un peintre qui travaille dans la démesure. La BD est devenue bien trop restrictive pour lui.  
C’est d’autant plus évident qu’une certaine forme de mégalomanie, rend ses propos de moins en moins compréhensible. Un auteur ne doit pas mâcher le travail pour son lectorat, mais il faut quand même lui laisser une porte d’entrée. Sans ça l’on reste en dehors de l’œuvre. C’est ce qui est arrivé avec la tétralogie du Monstre. Même si la critique reste positive sur ses derniers albums, le lectorat lui ne suit plus. En tant que libraire, force est de constater une érosion de son lectorat. Ce qui symptomatique à l’heure où sa valeur artistique est plus que jamais reconnue. Il apparaît clairement que la bande dessinée n’est plus le mode d’expression adapté pour cet artiste.

Du coup, alors qu’il explore de nouveaux horizons, on est en droit de penser que ses démarches seront plus réussies, ou tout du moins intéressantes. Malheureusement cette exposition au musée des Arts et Métiers est loin d’être convaincante. En effet l’exposition tend à faire ressortir un lien entre le musée et la thématique de l’hybridation humain/mécanique, omniprésente dans l’œuvre de Bilal. L’intention est bonne tant cela semble évident, mais dans les faits le résultat est assez pauvre. Le propos de l’exposition est mis en valeur à travers trois axes.

Premièrement, Bilal a créé des peintures sur l’hybridation homme/machine. Selon sa technique depuis quelques années, il a imprimé sur toile des photos de son choix sur lesquelles il peint, transformant ainsi l’image première avec sa propre touche. Les peintures qui en résultent sont saisissantes. Mais son travail se limite à seulement quatre peintures. C’est un peu court à mes yeux pour justifier l’exposition.

Le second axe, consiste à extraire des appareils du musée pour les inclure dans l’expo. Là l’interaction de Bilal consiste simplement à renommer selon son idée les appareils. Même si les machines sont intéressantes, ça relève quasiment de l’imposture intellectuelle. Il n’y a aucun apport réel, autant visiter directement l’expo permanente du musée des Arts et Métiers. D’autant que la scénographie pour intégrer les machines dans l’expo est la plupart du temps sans intérêt. C’est bien simple, c’est la partie la plus faible de l’exposition. J’ai observé les visiteurs, la majorité en ignoraient la présence.

Le cœur de l’expo étant en réalité une rétrospective de son œuvre. Il y a de nombreuses pièces exposées, essentiellement autour de la trilogie Nikopol et des albums suivants. On y voit même de nombreux extraits de l’album à paraître cet automne. Son travail avec Christin est très peu abordé. Dommage c’est la partie que je préfère. Reste que c’est une belle manière d’aborder l’évolution de son œuvre et de ses techniques de travail.

Sans être un ratage, on ne peut que regretter que les thématiques n’aient pas mieux été mises en valeur. C’est au départ un projet ambitieux qui finit comme une simple rétrospective. C’est assez représentatif de l’aura démesurée dont bénéficie Bilal. Certains à force de crier au génie en parlant de lui, ont fini par oublier d’avoir un regard critique et objectif sur ses démarches. Une approche plus humble aurait sans doute permis à l’exposition d’être plus juste.

Au delà de toutes  ces considérations, cela reste l'occasion de voir en vrai de nombreuses œuvres de Bilal. Lorsque l'on apprécie son style, c'est déjà appréciable.  

Le site de l'exposition : 

Un catalogue d'expo est disponible chez Casterman. 


Deux des peintures réalisées pour l'exposition. 



Voilà la brochure de quatre pages donnée à l'entré de l'exposition.











vendredi 21 février 2014

L'imploseur de Delépine, stan & Vince

Stan & Vince sont parmi mes auteurs fétiches, ca ne s’explique c’est comme ça. J’ai toujours aimé leurs albums. Je suis fidèle depuis le démarrage de Vortex, c’est dire que ça fait un bail. Pourtant de façon un peu inexplicable, il restait un album que je n’avais jamais lu.
C’est chose faite depuis hier. Jai eu la chance de tomber sur l’Imploseur dans un bac à fouille à un tout petit prix. Et dans un état nickel. Bref cet album n’attendait que moi. Mais bon ca vous vous en moquez un peu et vous vous demandez ce qu’est ce fameux album ?

L’Imploseur est paru au début des années 200à chez Albin Michel. C’est la première des trois collaborations entre Benoit Delépine et notre duo de dessinateur. Un road trip violent dans un futur post-apocalyptique bien dégueulasse. D’ailleurs la couleur est affichée dès la quatrième de couv «  2042. Dans ce monde ultralibéral, une seule règle : l’ultra violence ».
Effectivement le monde de 2042 selon Delépine est assez ignoble et sans pitié pour les faibles, au sens pauvre du terme. Son héros K, ex-militaire responsable d’un génocide, est depuis reconverti comme garde du corps. Il se voit confier une mission inhabituelle pour laquelle il va réunir une poignée de salopard. La suite est sanglante.

Nous avons à faire  à une BD d’action/aventure, extrêmement rythmée. Ca va vite, ça cogne fort, ca baise pas mal et le ton est assez désespéré dans l’ensemble. On peut s’en satisfaire si l’on en fait une lecture, disons premiers degrés de cet album. Cependant Delépine prends le temps d’inscrire son histoire dans un contexte et dénonce à travers ce récit les dérives de notre société qui le font gerber. Cette extrapolation outrancière est bien une critique sociétale du capitalisme, où l’individualisme et la consommation sont les vecteurs de nombreuses dérives.

Certains, choqués par la violence ou le cul, pourraient y voir une certaine simplicité, voir une facilité. Mais ca serait renié la vision féroce que Delépine porte sur notre époque, que ca soit à la télé avec le Groland ou au Cinéma avec ses films quasi expérimentaux. Il utilise plus souvent l’humour ou l’absurde comme arme pour s’exprimer. la vision violente de l'avenir est dans le même esprit.

Au dessin nous retrouvons Stan & Vince, qui s’offrent ici une récréation entre deux albums de Vortex. Il est évident à la lecture de l’album, que leur style est totalement adapté au scénario de Delépine. Ils sont capables de récréer avec grandeur et beaucoup de décadence cet univers en pleine dégénérescence. Ils adoptent un trait très nerveux et cherche à dynamiser à outrance le dessin. Notamment en jouant avec des disproportions des corps et des déformations des perspectives des décors. Une pratique courante en comics ou dans les mangas, mais assez rare à l’époque en France. Ce qui n’a rien d’étonnant, car les deux lascars s’était offert une parenthèse américaine quelques années auparavant. Ce qui a radicalement fait évoluer leur dessin. Usant de leur virtuosité, les auteurs nous livrent une mise en page très variée en multipliant les plans sous tous les angles possibles. Le rythme est lui induit par un bon enchainement des cases. Souvent une myriade de petites cases amènent à une demie page summum du déroulé d’une scène d’action. Bref un montage graphique quasi cinématographique. Quitte à faire de l’action, autant le faire bien et Stan et Vince ne s’en privent pas. Ils innovent aussi en décomposant tout le mouvement d’une scène en une seule case. Ca tient de l’exercice de style, mais c’est assez efficace et contribue à donner un ton à part à cet album. On ne peut parler du dessin sans évoquer les couleurs de Walter, coloriste attitré de Stan & Vince depuis quelques albums. Il s’essaie à un traitement des couleurs différent de ce qu’il avait fait précédemment sur Vortex. Les couleurs du premier plan sont toujours plus détaillées, donnant beaucoup de volume au dessin, quand l’arrière plan est lui traité en aplat plus discret. Une technique qui colle parfaitement à la volonté de dynamisme de l’album. Son rendu numérique peut quelque peu déstabiliser, les lecteurs ayant l’habitude de BD plus traditionnelles. Ceci dit l’album a un peu plus de treize ans et l’on se rend compte que depuis la BD franco/belge à beaucoup évoluée. Les jeunes auteurs intégrant plus facilement les influences étrangères.


Il est aussi amusant de noter que le personnage de K emprunte ses traits à Albert Dupontel. Sa compagne quand à elle, ressemble assez à Deborah Dyer, la chanteuse de Skunk Anansie.




Sans crier au génie, vous comprenez que j’ai beaucoup aimé cet album. Je ne peux que conseiller la lecture de cet album aux curieux et à ceux sensible à ce genre d’histoire. 



Pour vous faire une idée, voilà les premières pages :